POST-PRODUCTION : CEDRIC UEBERSAX
PHOTO/CGI : CEDRIC UEBERSAX
Cette série d’images explore le corps non pas comme un sujet exposé, mais comme une présence suggérée. Un corps de femme, entièrement enveloppé sous une toile de cuir noir tendue, disparaît pour mieux se révéler. Il n’est plus question de peau, de traits ou d’identité, mais de volumes, de tensions et de lumière.
Le cuir agit ici comme une seconde peau. Tiré, étiré, mis sous contrainte, il épouse chaque courbe avec une précision presque sculpturale. Sous cette surface sombre et lisse, la silhouette se devine : une épaule qui s’arrondit, une hanche qui s’impose, un creux qui s’efface dans l’ombre. Le matériau capte la lumière, la fait glisser, la fait vibrer. Les zones de brillance répondent aux ombres profondes, dessinant le corps sans jamais le dévoiler frontalement.
Le noir n’est pas absence, il est profondeur. Il absorbe le regard autant qu’il le guide. Chaque image devient un jeu d’équilibre entre ce qui est montré et ce qui est retenu. Le corps n’est plus un objet, mais un paysage abstrait, presque géologique, où la lumière trace des lignes et où l’ombre raconte la matière.
Cette série questionne la frontière entre contrainte et révélation. La toile de cuir enferme, mais elle révèle aussi. En supprimant le détail, elle renforce la forme. En masquant l’individu, elle rend le corps universel. Ce qui reste, c’est une sensation : celle d’une présence silencieuse, puissante, intemporelle.
Plus qu’une représentation du corps féminin, ces images proposent une expérience visuelle et sensorielle. Elles invitent à regarder autrement, à ralentir, à accepter de ne pas tout voir. À comprendre que parfois, c’est dans la tension et l’ombre que la forme prend tout son sens.




