PHOTO DRONE : CEDRIC UEBERSAX
Les pieds bien ancrés dans la terre, il a longtemps regardé le monde à hauteur d’homme. Le cadre naissait d’un pas de côté, d’un genou posé au sol, d’une attente silencieuse. Puis un jour, le drone s’élève. Un léger bourdonnement, et soudain l’espace s’ouvre. Le paysage ne se traverse plus : il se déploie. Les lignes deviennent évidentes, les rythmes apparaissent, les formes dialoguent. Ce n’est pas une fuite du réel, c’est une autre manière de le lire.
Le photographe reste au sol, concentré, presque immobile. Pourtant, son regard, lui, prend de la hauteur. Là-haut, il ne cherche pas l’effet spectaculaire, mais la justesse : un équilibre, une respiration, une évidence graphique. Le drone n’efface pas son ancrage, il l’amplifie. Plus il monte, plus son regard s’affirme. La photographie aérienne devient alors une extension naturelle de son langage : voler sans quitter la terre, prendre de l’altitude sans perdre le sens.

















